08 juillet 2008
Niagara...
Origine : Italie
Ages : 16 - 18 ans
Parfois, nous vivons des aventures qui nous font douter de la réalité de ce qui arrive ! Depuis que je travaille dans l’hôtellerie, je … ne m’étonne plus de rien ! Enfin… presque !
Se sont-ils concertés pour être « terribles » lorsque je suis de service de nuit ?
Prétextant ne pas avoir assez mangé lors du dîner, ils voulurent sortir à minuit… Mais, ordre des profs, pas de sortie autorisée… Furieux, qu’ils étaient ! Alors, pour se venger, le coup devenu classique de la sirène incendie. A minuit trente, cette fois.
Un des profs téléphona depuis sa chambre, pour se plaindre du tapage.
« Ce tapage, ce sont vos élèves ! » Contrairement à la prof d'un groupe dont je vous parlais précédemment, il n’accusa pas les autres clients d’en être l’auteur !
Et le calme revint.
Très calme… Trop calme ?
Je vaquais à d’autres occupations, l’oreille aux aguets. Au dehors, tout était aussi calme. Tiens ? Une goutte de pluie… puis deux… Encore du mauvais temps !
Trois gouttes de pluie…
De la pluie ???
Dans le salon ?????
Mais ce n’était plus des gouttes, mais un torrent de montagne… qui tombait du plafond ! Et soudain…
… Je me retrouvais devant les chutes du Niagara ! Que d’eau ! Que d’eau ! Et dire que je n’avais pas d’appareil photo pour vous faire partager ce spectacle !
Je me précipitais au premier, pour localiser la fuite… Rien dans le couloir… donc, cela devait venir de la chambre 101.
Toc ! toc ! toc ! Des voix endormies répondirent.. (Pourquoi fallait-il que, eux, et peut-être eux seuls, dorment ?)
« Vite, ouvrez, s’il vous plait »
« Okay ! Okay »
Plouf !
Plouf ??
De l’autre côté de la porte des exclamations et des paroles que je ne saisissais pas.
Tiouf ! tiouf ! tiouf !
Tiouf ? Tiouf ? Tiouf ?
La porte s’ouvrit en grand, les 3 jeunes gesticulant et parlant tous en même temps.
J’entrais… Tiouf ! tiouf ! tiouf !
La moquette de la piscine-chambre n’était plus qu’une immense flaque. Un glougloutement venait de la salle de bain où je me précipitais. Et là le spectacle !!!!
La salle de bain est légèrement en contrebas de la chambre, il faut descendre une sorte de mini-marche pour y entrer… Là, nous étions bien dans une marre !
L’eau provenait de la toilette. Hein ?
Coup d’œil… Bouchée ! La moitié de la cuvette remplie de papier hygiénique ! (Ma parole, ils avaient utilisé deux rouleaux au moins !) Oui, mais…. Pourquoi autant d’eau ? Je découvrais bien vite la clef du mystère ! Bien que sur la cuve il soit écrit « pousser » ils avaient « tiré » la chasse ! Et pourtant, ce n’est pas simple de la tirer ! Pour attraper le poussoir, il faut avoir des ongles !!! Et en tirant, ils ont bien entendu tout cassé ! Sans se rendre compte que l’eau continuait de couler, et que la toilette était bouchée…
Et l’eau avait coulé, coulé… imbibant la moquette de la chambre avant de trouver une sortie au travers du plancher.
Je coupais de suite l’arrivée d’eau
Et un petit coup de téléphone au prof de la chambre la plus proche pour venir constater l ‘état de la piscine chambre 101… Oh l’expression de son visage !
Non, impossible de changer les élèves de piscine-chambre ! Et impossible de faire quoi que ce soit pour écoper ! Comme les boss ont peur des vols, tout est sous clef, et la clef dans une de leurs poches… Impossible d’avoir serpillières ou le karcher ! ¨Pas la peine de leur téléphoner non plus ! Les connaissant, ils ne seraient pas venus, habitant trop loin… Il n’y avait qu’à attendre…
Dans le salon, le Niagara avait réduit son débit, et tombait principalement sur le canapé, et dans quelques corbeilles que j’avais pu mettre en vitesse, mais qui… débordaient ! Le salon était un immense lac (enfin, plutôt un marécage, puisque la moquette absorbait tout) … Pas question de m’avancer ! Trop froid pour être mouillé (c'était en hiver) ! Et pour quoi faire ?
J'étais trop euphorique pour péter un câble ! Le spectacle était trop drôle, et de penser à aux réactions des boss ! Depuis le temps, ils pourraient apprendre à faire confiance à leurs employés les plus anciens ! Personne dans les parages ? Je pouvais rire !
Et ce n’était pas terminé ! Car l’eau trouvait la sortie… Inondations des cuisines au sous-sol ! Cuisines… fermées… Mais on entendait l’eau tomber !
Il faudra vraiment que j'aie en permanence un appareil photo avec moi !
Hurlements, insultes et pompiers
Origine : Italie
Ages : 17 ans
Le printemps arrivait ! Et les zozios migrateurs passent ! Du Nord au Sud, du Sud au Nord, d’Est en Ouest, d’Ouest en Est… Non, pas les oiseaux, les zozios ! Qui sont-ils ? Les groupes scolaires ! Véritable chassé croisé ! Et nous sommes dans une ville étape pour beaucoup.
Qu’est-ce qui est le pire ? Le tapage et les dégâts provoqués par les chères têtes (pas si souvent) blondes, ou l’indifférence de certains profs ? Tapage nocturne ? Les autres clients n’ont qu’à changer d’hôtel, les riverains de rue ! Une chambre saccagée ? Ce ne sont pas leurs poussins qui ont fait cela ! A tel point que nous sommes obligés de faire venir, de plus en plus souvent, la police pour constater les dégâts et les obliger à payer !
Lorsque ces hordes passent, tout le personnel voudrait prendre ses vacances, et le poste de nuit, pourtant sollicité par plusieurs d’entre nous, est alors redouté ! Cette semaine était ma semaine de nocturne. Bon, plusieurs groupes, bruyant sans plus, bien encadrés, me faisaient espérer en une prise de conscience de la part des gardent chiourmes.
Tu parles !
Ils sont rentrés de la discothèque à presque 3 heures du matin. Cris, hurlement dans les couloirs ! Les profs s’en foutent. Soudain… déclenchement de la sirène incendie ! Une fois encore, ils l’ont déclenchée ! C’est leur joujou favori ! Et cette s... de sirène ne voulait pas stopper ! Une fois de plus ! Garder mon sang froid ! D’une main essayer de la bloquer, de l’autre, le téléphone pour rassurer et calmer les autres clients, et contacter les pompiers pour les prévenir de la mauvaise plaisanterie. (L’an passé, un collègue n’a pas eu le réflexe, et 5 camions de pompiers étaient arrivés sirènes hurlantes) Gentiment, ils m’ont proposé d’envoyer une équipe pour essayer de neutraliser la sirène. Au bout de 10 minutes, la sonnerie s’arrêta enfin !
Contrairement aux autres groupes, tous étaient descendus dans la réception. Véritable volière hurlante, si fort que vous ne vous entendez plus penser ! Lorsque j’étais au téléphone, pour rassurer les autres clients, j’ai dû littéralement « gueuler » un « SILENCE » pour avoir un peu de calme. Le silence ! Et des yeux ronds sur moi. Comment un tel cri avait pu sortir de ma gorge ? Car pour être fort, il l’a été ! Entendu à l’autre bout de la rue ? Ou de la ville ?
La prof responsable arrive. Ulcérée du tapage de la sirène. Je lui dis donc que c’est encore un coup des jeunes. Crime de lèse-majesté ! Comment avais-je l’outrecuidance d’accuser ses poussins (en comparaison, l’agneau qui vient de naître à l’âme noire comme le derrière d’un loup !) ? Elle leur a quand même demandé « Est-ce vous, mes chéris, qui avez fait cela ? Le vilain monsieur de la réception vous accuse ! » Comme s’ils allaient avouer ! « Ce n’est pas eux ! Ils le jurent ! Comment osez-vous les accuser ?» (suivi de quelques insultes polies)
Je fais le tour des « coups de poings » et constate que c’est celui du premier étage, entièrement occupé par le groupe (qui occupait tous les étages jusqu’au quatrième).
« Comment osez-vous encore accuser mes poussins ? Ce sont vos autres clients ! ils sont descendus des étages pour faire accuser mes petits chéris »
Ah ? des personnes âgées qui seraient descendus du 6e au milieu des gamins, sans être vus, et uniquement pour jouer à ce jeu infantile ?
Pour la première fois de ma carrière, j’ai perdu mon sang froid ! devant l’agressivité et les cris de cette folasse ! Dialogue houleux dans 3 langues différentes, ! (Elle faillit s’étrangler de rage lorsqu’aux pompiers, arrivés entre temps, j’ai expliqué les faits et accusé les angelots)
Au bout d’une heure, elle a fini par admettre, la possibilité éventuelle, de la responsabilité de son groupe, admettant qu’effectivement, vu les conséquences le responsable n’allait pas avouer… Mais au fond d’elle-même, elle n’est pas prête de l’admettre !
Et son école ne reviendra pas de si tôt car le montant des autres dégâts faits dans les chambres (certainement fait volontairement et en douce par le groupe du troisième âge du 6e ) fit que leur caution avait fait un superbe régime amaigrissant !
Bruit, vous avez dit bruit ?
Origine : Italie
Un couple d’amis était venu me rendre une petite visite sur mon lieu de travail, lorsque le groupe scolaire est entré.
Les élèves arrivaient par petits groupes, montaient, ressortaient, rentraient à nouveau…
« Mais qu’ils sont pénibles ! Et tellement bruyants ! On comprend maintenant ce que tu endures ! Et nous qui ne voulions pas te croire ! »
« Eux ? Mais… si tous les groupes scolaires étaient aussi calmes que celui-ci, nous ne nous plaindrions pas ! »
Généralement, le scepticisme est de mise lorsque nous parlons du tapage que peuvent faire de nombreux groupes scolaires. On croit toujours que l’on exagère. Si les dégâts considérables faits dans les chambres peuvent être pris en photo comme preuves (si nos chambres n’étaient pas identifiables, je vous en mettrais sur ce blog !), ce n’est pas possible d’en faire autant avec le tapage, le chahut.
Et, comme les amis dont je parlais ci-dessus, ce n’est que lorsqu’ils sont eux-mêmes confrontés à un groupe scolaire dans un hôtel, qu’ils se rendent compte de ce que cela peut donner. Qu’ils se rendent compte que nous ne mentons pas.
Heureusement, tous les groupes scolaires ne sont pas ainsi. Mais en ce qui nous concerne, mes collègues et moi, nous redoutons la saison de leurs arrivées. Crainte partagé par… Les riverains !
